Google condamnée à payer l’équivalent du PIB de Djibouti à la Commission européenne

Google condamnée à payer l’équivalent du PIB de Djibouti à la Commission européenne.

Le 5 septembre 2025 la Commission a annoncé infliger une amende de 2,95 milliards d’euros pour abus de position dominante dans le secteur des technologies publicitaires en ligne (« adtech »).

A ce jour c’est une des amendes les plus importantes infligées par la Commission européenne. La plus importante, de 4.1 milliards d'euros, ayant été infligée à ... Google. Qu’est-il reproché ?

La Commission a considéré que Google était en position dominante sur deux marchés :i) Le marché des serveurs publicitaires pour éditeurs (service « DFP ») ; etii) Le marché des outils d'achat d'annonces publicitaires programmatiques pour le web ouvert, utilisé par les annonceurs (services « Google Ads » et « DV360 »).

Selon la Commission, depuis 2014 Google abuse de cette position dominante en favorisant sa propre bourse d'annonces publicitaires « AdX » par le biais des services « DFP », « Google Ads » et « DV360 ».

Ce comportement a renforcé le rôle central d'AdX et la capacité de Google à facturer des frais élevés pour son service, au détriment :- des concurrents, - des annonceurs, - des éditeurs en ligne, et in fine- des consommateurs.

Et ce n'est pas tout ! En plus de l’amende de presque 3 milliards d’euros, la Commission a ordonné à Google :i) de mettre fin à ces pratiques d'autopréférence ; etii) de mettre en œuvre des mesures visant à mettre un terme à ses conflits d'intérêts inhérents tout au long de la chaîne de fourniture « adtech ».

Google dispose de 60 jours pour informer la Commission de la manière dont elle entend régler ces conflits d’intérêts. Si les mesures proposées sont insuffisantes, la Commission menace de procéder « à l'imposition d'une mesure corrective appropriée ». Elle a d’ores-et-déjà indiqué qu'elle considérait que « seule la cession par Google d'une partie de ses services permettrait de remédier à la situation de conflits d'intérêts inhérents » !

Un démembrement par l'autorité publique européenne d’une société privée ! Une telle mesure est déjà exceptionnelle dans l’absolu, mais elle l’est encore plus à l’égard d’une société étrangère. Quid des victimes ?

L’amende infligée ne fait que réparer le préjudice infligé à l’économie européenne. Toutes les personnes lésées sont invitées explicitement à saisir les juridictions de leur Etat pour réclamer des dommages et intérêts sur le fondement de la décision de la Commission.

En réaction à cette décision le Président Trump a menacé l’Union européenne de nouveaux droits de douane. Pour Google la lutte sur le front européen ne fait que commencer, celle-ci devant rapidement prendre une tournure diplomatique.

Discutons sans attendre de votre besoin. Le premier échange ne vous sera jamais facturé.

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